" Mais moi
Plus faux qu’une maîtresse je te sais,
Printemps de Touraine.
Tu n’es qu’une pâle jeune fille
Aux yeux d’émail bleus,
Aux poignets de lait blanc.
Tu ne saurais résister à une seule torsion de ma main,
A une seule petite lame du raz de marée
Qui flue en mes veines, emportant digues, troupeaux et villages.
Printemps de Touraine
Je suis un sauvage, un Violent.
Printemps de Touraine
Laisse-moi dormir.
On ne badine pas avec le Nègre. "
Printemps de Touraine - Senghor
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Hier, le grand poète Français de Martinique,
Aimé Césaire a eu droit à des obsèques exceptionnelles.
Tout le gratin du gouvernement accompagnait le Président de la République qui jouait les pleureuses pour le journal de 20 heures.
Portons donc le deuil du poète de renommée internationale,
Parce que de nos jours connaît-on un poète Français vivant capable le l’égaler en notoriété ?
Je dois avouer que je suis ignorant des poésies d’Aimé Césaire, et je le connaissais plus en figure symbolique de reconnaissance de la culture des Antilles.
Sans oublier bien sur, le fabuleux chantre de la Négritude.
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En 1931 ma grand-mère était revenue émerveillée de l’exposition coloniale à Paris.
Non pas qu’elle en revînt avec un sentiment de supériorité de sa " blanchitude " colonisatrice, comme voudrait nous le vendre les propagandistes de notre temps,
Mais enchantées d’avoir eu la chance de toucher de plus près les merveilles culturelles d’autres civilisations.
Les compagnies " lowcost " qui journellement grillent des tonnes de kérosène n’existaient pas.
Pour se rendre dans ces contrées lointaines, il fallait parfois des mois de bateau.
Après la folie jazz, les années trente avaient un goût certain pour l’exotisme, avec évidemment tous les phantasmes qui s’y rapportent.
C’est dans ce contexte que des étudiants africains et antillais se retrouvèrent à Paris.
J’imagine très bien combien ils durent saturer de gros cons racistes, l’époque était aussi à la monté du nazisme,
Mais surtout du sentiment de condescendance bienveillant de la part de concierges incultes,
Et sans doute de quelques camarades d’étude.
En septembre 1934 il fonde avec entre autre Senghor, le journal " L’étudiant noir ",
Où se forge le germe du futur courant littéraire d’après guerre, La Négritude.
Si pour Césaire, le concept répond à l’oppression culturelle du système colonial et vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste.
Pour Senghor, cela revêtait plus la reconnaissance de la culture africaine, lui donnant une portée universaliste,
Partisan du métissage culturel, soit la liberté de s’approprier les richesses culturelles qui nous plaisent.
La colonisation des Antilles n’était pas la même que celle du Sénégal.
Pour la première, elle s’est construite sur l’esclavage triangulaire, alors que pour la seconde elle s’est faite justement par la libération des esclaves. Esclaves d’africains et des trafics arabes.
Avec le temps, au même titre que les auteurs, la négritude devînt un symbole que s’approprièrent entre autre les " Black Panther ".
Alors dans l’hystérie propagandiste de notre époque, la récupération césairienne tombe bien car elle favorise les concours en victimisation et autorise l’éternelle culpabilisation du " Blanc ".
En y incorporant le métissage obligatoire ce qui semble quand même antinomique avec la croyance précédente.
On oublie vite la liberté supposée de nos passions.
Il est tout à fait normal que Césaire est eu droit à une reconnaissance officiel pour ses obsèques.
Ce qui l’est moins, c’est qu’au obsèques de Senghor, il n’y en eut point !
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Petit, chez ma grand-mère après Midi Première, nous regardions le journal télévisé.
Il arrivait parfois que l’actualité mis en lumière le Président Sénégalais.
Elle me parlait alors de sa rencontre avec le poète.
Mon oncle élève au lycée Descartes avait eu quelques problèmes de notation en latin,
Et sa maman alla demander des explications à son professeur, enseignant de français, latin, grec de 1935 à 38 dans le même établissement.
Il en résulta quelques cours particuliers pour le cancre, et une grande sympathie à l’égard de cet homme.
Le deuxième choc pour la négritude est venu de l’avancée des connaissances en génétique et en paléoanthropologie.
Et vouloir répondre à la question qu’est-ce qu’être noir, et à partir de quand ne l’est-on plus,
C’est faire tomber le masque des apparences et admettre que nous sommes tous des nègres.
C’est admettre l’universalité de la condition humaine, l’universalité de la compassion envers tous les opprimés.
Malheureusement pour nous cette réalité ne colle pas avec le mondialisme asservissant de conglomérats financiers dont les intérêts résident principalement en exploitant des niches communautaires.
Avec son parallèle, l’éternel bouc émissaire, le " Blanc ".
Ce lavage de cerveau sectaire et mensonger abouti à justifier le racisme !
Un de mes amis Créole, dans une boîte de nuit Antillaise de la capitale,
Se fit éconduire de façon peut élégante au prétexte qu’il n’était pas assez noir ? ! !
Le métissage culturel du Président Senghor, ce n’est pas imposer un métissage obligatoire,
Exactement comme les nazis qui ne voyaient que par l’arianisme,
C’est la liberté de choisir !
Parce que dans ce lavage de cerveau, toutes les cultures doivent être respectées sauf une,
La culture Française.
Je comprends mieux pourquoi il n’y avait aucun de nos officiels aux obsèques de l’amoureux de la France qu’était Senghor.
Parce que si nous sommes tous des nègres, point de victimisation excusant nos lacunes,
Point de discrimination positive, point de communautarisme.
Seules la valeur et le travail doivent être reconnu.
Et pour notre malheur nous en prenons la direction opposée.
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A Midi Première, un artiste, danseur, composant de dansantes mélodies, passait souvent.
Ses tenues moulent burnes avec méga poutre apparente semblait faire loucher de convoitise la charmante Danielle Gilbert.
Même si la négritude des chinois de se coté là, semble avoir très rapidement fondu,
Par chance la mienne ne souffre d’aucun complexe.
Sacré Afric Simone, à l’époque j’avais bien faillis me casser la mâchoire en tentant de l’imiter.
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